Mon parcours Lysias

Lysias : une grande aventure, incontestablement.


Marine Guibert


Je m’appelle Marine Guibert, et ayant été désignée lauréate du concours Lysias Sceaux en plaidoirie civile lors de la finale, le 15 mars 2018, j’aimerais revenir en quelques lignes sur ce parcours enrichissant.

Quand on entend parler du concours Lysias au début de l’année, cela paraît pour tout vous dire très abstrait. On se dit qu’on participera sûrement parce que tout le monde répète que cela apporte beaucoup, surtout en matière d’aisance à l’oral même si l’on ne fait qu’un tour. Plusieurs GED1 peuvent aujourd’hui en attester.

Mais quand les inscriptions au concours ouvrent vraiment, fin janvier, le doute s’installe : est-ce que l’on va réussir à cumuler cette charge de travail avec les TD qui reprennent et les galops d’essai qui approchent ? Est-ce que l’on va vraiment pouvoir prendre la parole devant des jurés, des spectateurs, des amis ?

Ce doute, je l’ai évidemment eu. Mais le plus dur est de se lancer, et ce ne sont pas des paroles en l’air comme je l’ai pensé. Parce qu’une fois qu’on a réussi à le faire, le reste est tellement plus stimulant et passionnant, qu’anxiogène !

Je mentirais si je disais que le stress n’était pas au rendez-vous à l’étape des qualifications. Celui de la peur d’être ridicule, pour moi comme pour beaucoup. Mais l’envie de montrer son travail et surtout de plaider, même fictivement, était encore plus forte et après avoir plaidé devant un jury pour la première fois, j’ai compris à quel point j’aimais ça. Mais, et c’est difficile de l’être au début, je n’étais pas contente de moi. Alors évidemment, quand j’ai entendu mon nom pour les qualifications en quarts de finale, je n’y croyais pas : l’aventure continuait ! Pour moi, comme pour d’ailleurs six autres étudiants de première année à la Grande Ecole du Droit. Comme nous étions fiers !

Mais c’est après l’étape des quarts de finale que ma volonté a connu un revirement : elle est passée de celle de ne pas paraître ridicule et de bien faire, à celle d’aller le plus loin possible et de gagner. Parce que Lysias, ce n’est pas seulement écrire une plaidoirie et la réciter devant des jurés. C’est y penser tous les jours. C’est faire, sans cesse des modifications à son texte, c’est répéter, répéter, re-répéter jusqu’à faire disparaître au maximum son insatisfaction. C’est défendre son client fictif, sa cause, ses intérêts. C’est prendre du plaisir, de la confiance en soi.

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4 demi-finalistes : 4 étudiants de la Grande école du Droit. 4 amis et donc au fond finalement, l’envie qu’aucun ne perde, celle de pouvoir encore continuer ensemble. Mais une étape qui, en réalité et encore plus que les deux précédentes, pouvait être pour chacun de nous la dernière. C’est ça qui a rendu, pour ma part, cette demi-finale incroyable : je me suis surpassée afin de partir, si je le devais, sans rien regretter. Et finalement, après les délibérations, c’est mon nom qui a été appelé. Pour participer à cette finale tant espérée, accroissant encore davantage cette envie de gagner seulement pour ne pas laisser, pas encore, le concours s’arrêter.

La finale a été un moment inoubliable. La grande salle de l’ancienne mairie de Sceaux tranchait avec celles où ont eu lieu les tours précédents bien sûr, mais elle était surtout remplie de proches, d’amis des six finalistes (deux par année). Remplie aussi sur son estrade d’un jury d’exception : le grand Stéphane André, Maître Mirabeau, Maître Sorrentino, Maître Christin, le Vice-Président de l’université Paris-Sud M. Dole, la première adjointe de la ville de Sceaux Mme Brault. Tous venus avec de précieux conseils que je ne compte pas oublier. Mon contradicteur a été très fort, et j’ai su par la suite que la délibération pour nous avait été longue et compliquée. Mais me voilà aujourd’hui à écrire cet article pour la même raison pour laquelle, ce jeudi 15 mars, j’ai pu tenir ce petit trophée dans mes mains : c’est moi que le jury a désigné lauréate.

Ce concours m’a fait gagner énormément d’aisance à l’oral c’est évident, mais également un peu de confiance en moi, des connaissances juridiques, des rencontres avec des jurés très accessibles avec qui j’ai pu beaucoup parler, et même avec des étudiants et les candidats, tous incroyables. Cette expérience m’a aussi fait découvrir une passion dont je n’avais aucune idée. J’ai toujours adoré écrire, et j’ai toujours aimé parler en public. Mais ça ne veut pas dire que le faire ne me rendait pas vraiment anxieuse, parce que c’était le cas. J’utilise ici le passé et je ne remercierai jamais assez Lysias pour ça.

Même si je me dirige alors aujourd’hui vers le concours national avec l’envie de continuer le plus longtemps possible, cette victoire m’aura déjà énormément apporté. Au point ailleurs de dire que Lysias a su me donner, sans aucun doute, plusieurs des meilleurs moments de mon année.

Alors pour finir, je voudrais dire à tous les futurs étudiants, de la Grande école du droit ou non, et également à ceux qui hésitent encore mais qui en auraient toujours l’occasion : vous n’avez rien à perdre et tellement à gagner ! En 2019, tentez !

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs du jury, ainsi que tous ceux qui ont pu me soutenir, m’aider, m’affronter, pour m’avoir forcé à me hisser toujours plus haut, tous mes adversaires, camarades, amis : merci.


Estelle Soulas


Je m’appelle Estelle Soulas. Ayant participé au concours Lysias, permettez-moi de vous conter cette épopée. Fin janvier, alors que les partiels du premier semestre venaient tout juste de prendre fin, voilà que les inscriptions du concours Lysias arrivaient. LE fameux concours dont les anciens nous ont tant fait la promotion. Pour ma part, je souhaitais vivement participer au concours depuis que j’en avais entendu parler au début d’année.

Cependant, une fois les inscriptions venues, je me posais un tas de questions. Je me croyais alors incapable d’écrire un texte cohérent, convaincant et éloquent. Mais, finalement, je me décide à déposer mon inscription.

Puis l’aventure commence. Griffonnant quelques idées sur du papier, écoutant de la musique dans l’espoir de trouver de l’inspiration, je me lance dans la rédaction de ma plaidoirie. J’écris puis je lis une première fois dans ma tête, une seconde à voix haute, puis je réalise que certaines phrases ne sont pas mélodieuses. Alors je reprends, je recommence le processus jusqu’à être satisfaite de mon texte. Une fois ma plaidoirie imprimée, je récite celle-ci, j’essaie de donner de la théâtralité puis une certaine intonation dans ma voix. Je travaille tous les soirs mon texte afin de me l’approprier et de faire quelques modifications. Croyez-le ou non, dans mon petit appartement de la Rue Houdan, ça résonne. Depuis, mes voisins me détestent pour avoir répété en boucle ma plaidoirie à onze heures du soir.

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Enfin vient le jour-j. Le stress monte, la journée nous semble longue. Onze de mes camarades de GED1 s’étaient également lancés dans cette aventure. Pendant la pause, je lisais le texte de quelques camarades, on répétait devant des petits groupes de personnes, et certains se lançaient même dans des pronostics et autres paris. Nous étions pour la plupart assez stressés mais impatients à l’idée de plaider. Les duels commencent, j’attends alors mon tour. La pression est à son comble. Je passe et je donne le maximum de moi-même, et surtout, je me réjouis de plaider devant le jury (qui était particulièrement bienveillant lors de ce premier tour). Mon nom est alors prononcé : je suis qualifiée pour les quarts de finale. Toutefois, l’aventure s’est arrêtée là. Mais, mes camarades ont brillamment représenté la GED et ce, jusqu’en finale !

J’ai passé un moment agréable que je n’oublierais pas. En plus d’avoir pris davantage confiance en moi, j’ai réalisé que plaider était une passion : tant dans l’étape de rédaction que dans l’étape orale. Il s’agit de trouver un équilibre entre la plume et le jeu d’acteur. Le concours Lysias est indéniablement une expérience incroyable : il faut alors saisir tous les éléments qu’il a à nous offrir. Sans aucun doute, je tenterai à nouveau ma chance en 2019.