« Le LLM : Le début d’une aventure à toute épreuve »

camille

A l’âge de quatre ans, j’ai débarqué dans une petite ville d’Allemagne du Nord, dénommée Fockbek, ville de moins de 10 000 habitants. Vous pouvez facilement imaginer le dépaysement pour une enfant de quatre ans qui ne parlait pas un seul mot d’allemand. Mon adaptation à cette nouvelle culture se fit lentement mais sûrement. Au bout de quelques mois, je maitrisais déjà convenablement cette magnifique langue qu’est l’allemand (un niveau maternel, ne l’oublions pas). Et déjà, lorsque mes grands-parents venaient nous rendre visite et qu’ils m’emmenaient à la danse avec mes amies allemandes, ils avaient du mal à distinguer laquelle d’entre nous était la petite française du groupe.

J’ai ainsi passé trois années à découvrir cette culture, m’épanouir et grandir avec elle. Lorsque nous dûmes rentrer en France, la déception fut grande. Malgré mon jeune âge, je savais que je venais de vivre une expérience inédite, une de celle que peu d’entre nous ont la chance de vivre lorsqu’ils sont enfants. À mon plus grand désespoir (que je réalisais bien évidemment plus tardivement) mes parents ne m’inscrivirent pas dans une de ces écoles internationales où j’aurais pu continuer à pratiquer l’allemand. Je fis donc une scolarité que l’on pourrait qualifier de « normale » comme beaucoup d’enfants, à l’exception de mes cours hebdomadaires du samedi matin, pris avec une Allemande habitant une petite bourgade près de chez nous. J’apprenais alors à développer mon vocabulaire et ma compréhension de manière ludique : jeux de société, cours de cuisine…

Arrivée au collège, j’ai eu la possibilité d’opter pour une deuxième langue vivante dès la 6ème, je choisis bien évidemment l’allemand. Je passais ainsi mes quatre années de collège et mes trois années de lycée à la pratiquer, prenant part à chaque fois aux échanges scolaires proposés. Plus je m’y rendais, plus j’avais envie d’y retourner. Les semaines passées là-bas me faisaient systématiquement redécouvrir mon amour pour ce beau pays et sa langue, pourtant loin d’être chantante pour certains… Berlin, Brême, Cologne ou encore Constance me donnaient toujours plus envie de rester.

Alors, lorsqu’en terminale il a fallu que je choisisse « ma voie », j’ai longtemps hésité à garder l’allemand comme partie intégrante de mes études. Finalement je suis arrivée à la GED où seul l’anglais est pratiqué. Un peu déçue mais sûre que cette formation allait m’apporter beaucoup plus que ce à quoi je ne m’attendais, je ne désespérais pas. En effet, pouvant partir à l’étranger pour notre quatrième année, mon choix n’a pas été long : c’était en Allemagne que j’allais partir, persuadée que cela ne pourrait être qu’un plus tant au niveau personnel que professionnel. Où ? Aucune idée. Faire quoi ? Je ne le savais absolument pas. Ce n’est qu’après une multitude de recherches, que l’été dernier, alors qu’il fallait se décider sur les potentielles destinations qui nous faisaient envie que j’ai trouvé « LE » LL.M. celui où, je le savais, j’allais pouvoir à nouveau m’épanouir comme dans mes plus jeunes années.

Ce LL.M. n’est autre que le LL.M. Finance proposé par l’Institute for Law and Finance, rattaché à la Goethe-Universität de Francfort. Certes, d’autres LL.M paraissaient intéressants, mais celui-là pouvait m’offrir et m’apporter bien plus que tous les autres. Non seulement les cours sont répartis équitablement entre des matières purement juridiques telles que le droit européen et international des contrats d’assurance et la loi des banques centrales et commerciales et des matières davantage économiques telles que de la comptabilité ou encore les principes économiques fondamentaux, mais ce LL.M. offre également un stage de deux mois (intégré dans l’année). Ce stage peut être effectué dans les sièges sociaux des entreprises environnantes et ainsi que dans des institutions de renom telles que la Banque centrale européenne (BCE), la Banque fédérale allemande (Deutsche Bundesbank) … Francfort étant la quatrième place financière d’Europe, rien d’étonnant à cela.

BCE-Francfort
Banque Centrale Européenne de Francfort

Comme il vous a été donné de le lire, le choix du LL.M. ne fut donc pas d’une grande difficulté pour moi. Il ne restait donc plus qu’à postuler et à être acceptée ! Etant à la GED, facile me direz-vous, et bien c’est ici que craintes et les angoisses commencèrent et durèrent quelques mois… Nous pouvons appeler cela la période des quatre phases.

Ma première angoisse : le personnal statement (PS). A écrire le plus tôt possible, c’est-à-dire avant l’été de la troisième année. Ce petit écrit de maximum 2 pages a de quoi vous faire vous questionner : quelles sont mes réelles motivations ? Ai-je la capacité de convaincre quelqu’un en aussi peu de lignes de mon envie sincère d’étudier dans cette université ? Et si les autres savaient mieux la retranscrire que moi ? Un conseil : mettez-y du cœur, le vôtre. C’est pourquoi, cela ne sert strictement à rien de choisir un LL.M car il vous a été demandé d’en choisir un. Si vos motivations ne sont pas suffisantes, cela se ressentira de suite dans votre PS. Par ailleurs, si vous n’êtes pas réellement motivé, vous mettrez plus de temps à l’écrire, alors que les deadlines sont très proches. Donc pour résumer : soyez motivés, écrivez votre PS avant l’été et surtout choisissez un LL.M qui vous inspire, où vous sentez que vous pourrez vous épanouir.

Ma deuxième angoisse ou plutôt devrai-je dire la phase la plus obsessionnelle : la composition du dossier. Réunir des documents, rien de plus simple me direz-vous ? Attendez d’y être et de le vivre… Entre les lettres de recommandation de vos professeurs et maîtres de stage ainsi que la traduction de vos bulletins de fac, mais pour ma part aussi ceux de mon baccalauréat, il n’y a pas un seul jour où vous ne pensez pas à votre LL.M. Heureusement, tout finit par s’arranger, vous recevez les documents dont vous avez besoin à temps et ils sont prêts à l’envoi.

Cette troisième phase est angoissante mais courte : l’envoi et la réception du dossier. L’ont-ils bien reçu ? N’ai-je oublié aucun document ? L’ai-je envoyé à temps (pour les plus flemmards d’entre nous qui s’occupent de tout à la dernière minute) ? Bref, autant de questions qui disparaissent en un quart de seconde lorsque l’on reçoit le petit mail de confirmation de réception du dossier.

Commence alors la quatrième phase, celle de l’attente. La plus longue, la pire, celle où l’on remet tout en cause, ses notes, ses stages, son investissement dans la GED, bref celle qu’on ne voudrait jamais avoir à vivre. Pour certains d’entre nous, elle est plus longue que pour d’autres (1)… Pour ma part, elle a été d’une durée raisonnable, si raisonnable que mon mail d’admission m’a surprise un beau matin vers 11h alors que je commençais tout juste à regarder tranquillement le dernier Star Wars… Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai sauté de joie, les larmes me sont montées aux yeux. J’étais si contente, l’un de mes rêves se réalisait. J’allais partir étudier en Allemagne pendant un an, dans un des meilleurs LL.M. en droit financier. Ma première réaction ? Appeler mes parents et mes grands-parents pour leur annoncer la bonne nouvelle, ensuite vinrent les appels à mes amis et l’annonce en direct à notre ex-présidente bien aimée ou aussi celle que je considère comme l’une de mes amies les plus proches.

Après cette journée baignée dans la joie et la bonne humeur, j’ai donc envoyé ma réponse d’acceptation et c’est ici que l’aventure commence ! Il est vrai qu’à l’heure actuelle je prends mon temps pour organiser mon arrivée à Francfort, ma rentrée n’étant que début Octobre. Les choses avancent lentement, mais sûrement. Même si je suis plus qu’impatiente d’y être, je profite au maximum de mes amis et de ma famille avant de partir. Dans quelques mois je parlerai allemand et anglais tous les jours, dans quelques mois je déambulerai dans les rues de Francfort en me disant que je l’ai fait, dans quelques mois je sais que je vivrai l’une des expériences les plus inoubliables de toute ma vie.

(1) Allez demander à Mélody André si autant de temps d’attente était justifié…

Camille COLLOS