Chipper Cash, une fintech africaine en plein succès

Chères lectrices, chers lecteurs,

A travers l’article sur lequel vos yeux sont rivés à ce moment, j’espère retenir votre attention autant que l’a fait l’article que je suis sur le point de vous présenter.

Durant la troisième année au sein de la Grande École du Droit, en supplément du panel de cours dont nous bénéficions grâce au Diplôme Universitaire, nous assistons au cours dispensé par Madame Harris d’anglais de spécialité. Cette année, l’enseignante a choisi de se concentrer sur le thème de « Business Law ». Selon moi, ce dernier est fondamental en ce qu’il complète parfaitement les cours de « Business Law » que nous avons suivi en deuxième année dans le cadre du Diplôme Universitaire. En effet, après avoir acquis les bases théoriques l’année précédente, nous nous intéressons cette année à leur application pratique, dans le monde qui nous entoure. Pour ce cours, nous devons chaque semaine étudier un article d’actualité proposé par Madame Harris. Ainsi, il m’apparaît davantage nécessaire puisqu’il nous permet de nous distinguer des étudiants n’ayant pas accès aux cours prodiguant cette culture générale. Enfin, bien que je n’y sois pas encore, je pense très sincèrement que cela nous sera fort bénéfique lors de notre année de LLM, approchant à grand pas.

En outre, c’est dans le cadre de ce cours de « Business Law » que l’enseignante m’a demandé de faire un commentaire d’article, article dont le sujet m’a énormément intéressée au point que j’en consacre aujourd’hui un article sur le blog dédié aux étudiants et anciens de la Grande École du Droit.

Cet article, publié par Tech Crunch le 17 juin 2020, est intitulé « African payment start-up Chipper Cash raises $13.8M Series A ».

Source : Chipper Cash ©
  • Qu’est-ce que « Chipper Cash » ?

Chipper Cash est une fintech de paiement transfrontalier en Afrique, qui offre des services de paiement de personne à personne dans sept pays d’Afrique, un peu comme Lydia en France.

Mais, c’est quoi une fintech ? La fintech désigne les petites entreprises, start-ups et PME, qui fournissent des services financiers grâce à des solutions innovantes. S’appuyant généralement sur le développement mobile, les solutions proposées prennent souvent la forme d’applications qui modifient le rapport du grand public avec les institutions financières et ouvrent de nouveaux horizons en matière financière.

Cette start-up a été créée en 2018 par un ougandais, Ham Serunjogi, et un ghanéen, Maijid Moujaled. C’est une application gratuite et sans frais lors de l’envoi d’argent, disponible dans pas moins de sept pays africains (Ghana, Ouganda, Nigéria, Tanzanie, Rwanda, Afrique du Sud et Kenya). Pour illustrer l’ampleur qu’elle prend, il faut ajouter qu’en 2020, 1,5 million de personnes ont utilisé cette application.

Source : Chipper Cash ©
  • Que s’est-il passé ces derniers temps ?

Récemment, Chipper Cash a clôturé une série de financement « Series A »  de 13,8 millions de dollars mené par Deciens capital. Ce dernier est un soutien aux fondateurs construisant « la prochaine génération de services financiers », comme cela peut apparaître sur leur site officiel. C’est la raison pour laquelle ils prévoient d’embaucher 30 nouveaux employés dans le monde entier. En particulier, ils recherchent un compliance officer (agent de conformité), ambition que nous étudierons dans quelques lignes.

Ce qui m’a particulièrement marquée est la prise de position des deux fondateurs de Chipper Cash après la mort de George Floyd aux États-Unis en mai dernier. Ils ont déclaré « Nous avons été les grands bénéficiaires de la générosité et de l’ouverture de ce pays et de son esprit d’entreprise » ainsi que « En grandissant en Afrique, nous avons été capables de naviguer aux États-Unis sans les traumatismes et les bagages que nos amis afro-américains ont subi en vivant en Amérique ». Ham et Maijid ont alors créé le Chipper Fund for Black Lives qui accordera cinq à dix subventions de 5 000 à 10 000 dollars à des personnes ou des causes faisant avancer les réformes de justice sociale.

  • Deux points considérables émergent de cette opération

Premièrement, c’est un excellent exemple de la manière dont les jeunes start-ups locales souhaitent s’étendre à de plus grandes régions en pénétrant de nouveaux marchés. En effet, en plus d’offrir des services gratuits, elles essaient de s’inscrire dans le contexte de la responsabilité sociale des entreprises. Alors que certaines personnes pourraient considérer qu’elles le font uniquement dans le but de plaire à de nouveaux clients afin de devenir la plus grande fintech d’Afrique, d’autres considéreront cela comme une véritable initiative, comme leur passé peut d’ailleurs le laisser supposer.

Deuxièmement, j’ai trouvé que cet article mettait bien en évidence le fait que l’Afrique est un continent plein d’opportunités, de développement et de perspectives d’avenir, en particulier dans le domaine des technologies de pointe, puisqu’il s’agit du domaine technologique le plus financé d’Afrique. En effet, les start-ups africaines ont reçu la conséquente somme de 2 milliards de dollars en capital-risque. Ce dernier étant une forme de financement privé fourni par des sociétés de capital-risque ou des fonds aux start-ups, cela témoigne du fait que de nombreux investisseurs sont prêts à prendre des risques dans ces fintech africaines. Nous en tirons qu’un nombre toujours croissant de personnes et d’entreprises croit en leur potentiel de croissance.

C’est d’ailleurs ce qu’illustre la carte que vous trouvez ci-dessous.  

Source : Tech Crunch ©

Cette carte montre comment le capital-risque est réparti sur le continent africain. Nous pouvons voir que le Nigéria est le berceau d’une énorme quantité de capital-risque. En 2019, ce pays a reçu environ 1,5 milliard de dollars en capital-risque, loin devant son deuxième concurrent, le Kenya, qui en a reçu environ 1 milliard de dollars. Après ces deux pays, on peut noter la présence de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. Cependant, « seulement » environ 350 millions de dollars en capital-risque leur ont été fournis par Partech Africa, WeeTracker et Disrupt Africa. Enfin, les start-ups ghanéennes de fintech attirent toujours de nombreux investisseurs, même si le montant reçu est loin d’être le même que celui du Nigéria.

Toutefois, Chipper Cash doit faire face à la concurrence accrue de plusieurs acteurs, dont Paga, une entreprise nigériane de paiements locaux. Par ailleurs, en 2019, des investisseurs chinois ont investi 220 millions de dollars dans OPay et PalmPay, deux jeunes pousses qui prévoient de s’étendre d’abord à l’Afrique de l’Ouest, puis au continent tout entier. Dans les prochaines années, il faudra s’attendre à voir les évènements classiques du marché (échec, acquisition, introduction en bourse, etc.) déterminer la place qu’occuperont les start-ups de paiement bien financées, dont Chipper Cash, dans l’arène fintech africaine.

Je me rappelle encore d’un chapitre de terminale que je devais réviser pour le Bac. Il était intitulé « Le continent africain face au développement et à la mondialisation ». J’avais adoré étudier un sujet que je voyais seulement dans l’actualité sous l’angle des conflits locaux présents en Afrique. Dans ce chapitre, la question centrale était celle des défis du développement que rencontrait ce continent. Selon moi, cet article est une belle illustration du succès dans le défi économique que le continent africain rencontre depuis des années. Désormais, l’Afrique apparaît comme la terre du dynamisme, de la croissance ; la terre d’aujourd’hui et de demain.

Par Marine Bascop, étudiante en troisième année à la Grande École du Droit