La Grande École du Droit pendant le confinement

Depuis le 28 octobre 2020, l’Université Paris-Saclay et la Grande École du Droit n’ont pas échappé au confinement et aux cours à distance.

Comment la formation a été impactée ?

La vie étudiante a été la première victime. En effet, les soirées inter-promotions, le week-end d’intégration et le voyage de promotion ont dû être annulés et il a été impossible de basculer ce type d’évènements en ligne. Fort heureusement, d’autres évènements ont été mis en place pour compenser cela comme l’organisation du projet « Remote life in GED » qui consiste pour tous les étudiants à se retrouver sur la plateforme Teams pour discuter d’un sujet donné en amont comme ce fut le cas pour le débat des élections présidentielles américaines. Un serveur Discord a également été créé pour divertir les étudiants grâce à des parties de jeux en ligne tel que le loup-garou et « Among Us ».

Il faut également noter que les visites de cabinet sont malheureusement annulées pour l’année à venir et que les cours des GED2 chez EY Avocats n’auront pas lieu. Un des seuls évènements qui a pu être basculé à distance est le LL.M Roadshow qui a eu lieu le 19 novembre en ligne. Un article sera d’ailleurs rédigé prochainement à ce sujet.

Les cours et TD sont bien évidemment tenus à distance mais un doute persiste sur la nature des partiels qui se tiendront en décembre : chaque professeur a le choix entre maintenir son examen en présentiel malgré le contexte sanitaire ou le faire passer en ligne. D’autres matières complémentaires ont été annulées par la faculté, comme les nouveaux ateliers mis en place cette année notamment les ateliers cassation et art oratoire car il était tout simplement impossible de les organiser en respectant les gestes barrières. Les stages et mémoires ont également été neutralisés pour les licences de droit classique.

Force est de constater qu’il est difficile de prédire l’avenir et de savoir si le deuxième semestre se passera encore en distanciel ou en hybride (1 semaine en distanciel et 1 semaine en présentiel en fonction des noms de famille ou des D.U). Les mêmes inquiétudes sont présentes pour les semestres prochains, ce qui est une variable à prendre en compte pour les candidatures de LL.M.

Si la situation sanitaire mondiale ne s’améliore pas d’ici là, la plupart des étudiants de 3e année envisagent d’entrer dans le M1 Droit des affaires de l’Université Paris-Saclay et de décaler leur LL.M d’un an.

Pour terminer cet article, voici quelques témoignages d’étudiantes issues des différentes promotions :

Gracia Apaloo et Riwa Khatab, 1ère année à la Grande École du Droit :  « Notre entrée à l’université́ s’est faite sans grande difficulté grâce à la GED qui nous a très bien intégrées. L’arrivée du distanciel nous a tous dépaysé et a permis de distinguer deux groupes de travailleurs au sein de notre classe : ceux qui arrivent davantage à s’organiser lorsqu’ils sont chez soi et ceux qui éprouvent l’envie à chaque bb collab de quitter la session et d’aller se rendormir (le lit étant à un mètre de nous). Le fait que les partiels soient à distance ne nous inquiète pas plus que cela. Travaillant chez nous depuis deux mois, ils semblent seulement être le prolongement de l’enseignement qu’on nous a dispensé. L’esprit GED, c’est beaucoup de social, beaucoup d’évènements auxquels on était impatientes de participer ont été annulés. Mais malgré cela, on a eu le temps d’apprendre à se connaitre avant d’être confinés. En réalité, on a été intégrés très rapidement, notamment lors de la première semaine. Il est impossible de se sentir seules durant le confinement. Il y a toujours quelqu’un de la GED avec qui parler, avec qui échanger ou se divertir (ou même avec qui se plaindre des cours). On n’a pas perdu l’esprit GED, il s’est transformé. La team gediconfinement nous a permis de se réunir dans la bonne humeur durant certaines soirées. Pendant ce temps, le pôle vie étudiante en a profité pour inaugurer un compte privé Instagram spécial GED pour divertir les membres du D.U (chose qu’ils réussissent à merveille) ».  

Yasmine Soleymanlou, 2e année à la Grande École du Droit : « Je suis un peu déçue de l’absence des visites des cabinets que j’attendais avec impatience lorsque j’étais en 1ère année. De même pour le LL.M roadshow, bien qu’il soit à distance, c’est beaucoup plus difficile d’aborder les doyens des universités qu’on souhaiterait intégrer en LL.M. Les matières de licence sont plus difficiles à suivre en ligne car tous les jours se ressemblent. Le fait d’être à distance a également dégradé les relations avec les gens de ma classe car je les voyais beaucoup moins souvent.

Les cours à distance ont eu au moins le mérite d’optimiser ma manière de travailler car je n’ai plus de temps à perdre dans les transports et je peux mettre ce temps à profit pour travailler mes cours. J’ai apprécié le fait que la GED puisse dispenser des cours tel que le cours de projet professionnel et gestion de projet, sans oublier les opportunités de la clinique juridique. La direction de la GED a été à notre écoute, à titre d’exemple, Madame Guegan a mis un projet de tutorat pour qu’on comprenne mieux la méthodologie du commentaire d’arrêt, un exercice assez compliqué à aborder pour des étudiants de deuxième année. Ainsi, mon expérience à la GED à distance est différente, avec des avantages et des inconvénients ».

Cléa Jegou, 3e année à la Grande École du Droit : « Suivre les cours à domicile n’est pas un problème pour moi, j’ai la chance d’être autonome et particulièrement organisée donc j’ai gardé un rythme soutenu pour comprendre les matières dispensées et les assimiler au mieux. Personnellement, concernant le LLM, je souhaite partir à Melbourne depuis le début de la deuxième année alors s’il faut reporter mon départ je le ferai. L’expérience du LLM est un tel accomplissement qu’il est inimaginable pour moi de l’envisager dans une chambre étudiante. Les relations étudiantes ont, elles aussi, été transformées. Difficile d’imaginer que quasiment la moitié de notre licence allait se passer seul, dans une chambre, face à nos ordinateurs. J’ai l’impression que l’ordinateur est devenu le seul endroit où la vie sociale est envisageable ce qui n’est vraiment pas l’idéal à 20 ans mais grâce à eux nous conservons des interactions essentielles à notre « vie étudiante » et je remercie pour cela tous mes camarades qui participent activement à ces échanges. »

Inès Elleingand, 4e année à la Grande École du Droit : « Concernant notre mémoire, les dead line restent inchangées pour l’instant ! Concernant nos LLM, la covid-19 aura eu des impacts non négligeables sur nos départs. Certains ont décalé leur rentrée d’un an, de 6 mois et d’autres ont opté pour un entre deux : le premier semestre à distance et le deuxième en présentiel si les conditions le permettent. Pour ma part, j’ai choisi de décaler ma rentrée de 6 mois. Je ferai donc ma rentrée le 19 janvier. A Boston University, les élèves ont la possibilité de choisir s’ils préfèrent assister en personne aux cours ou s’ils préfèrent y assister en zoom. Une formule « Learn From Anywhere » a également été mise en place pour les étudiants qui ne pourraient pas arriver à temps en raison des fermetures des frontières. La direction est bien consciente des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. De nombreuses alternatives sont mises en place pour que les élèves continuent à interagir entre eux et des test fréquents sont demandés. »

Un grand merci aux étudiantes qui ont accepté de témoigner pour cet article.

Marion PERINA